Archives pour la catégorie Chroniques

#23 Petit Pays

Auteur : Gaël Faye

Résumé : Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même  temps que son « petit pays », le Burundi, ce  bout d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Mon avis en général : Encore un livre que j’ai beaucoup aimé. En fait, des trois que je devais lire sur l’enfance en guerre (Le Sentier des nids d’araignée et Être sans destin étaient les autres), c’est celui que j’ai préféré. On trouve une certaine candeur dans le personnage de Gabriel qui est persuadé que son monde parfait ne peut pas changer. Alors quand ce monde commence à évoluer, d’abord avec la séparation de ses parents, puis avec la guerre entre Hutus et Tutsis, il s’y oppose farouchement…en lui-même ! Après tout, que peux bien faire un gosse contre tout ça ? Mais ce que j’ai surtout aimé c’est qu’au moment où il se sent abandonné de tous, il se trouve soudain une amie qu’il avait ignorée jusque-là – et même embêtée – et cette amie lui ouvre un autre monde : celui de la littérature. C’est vraiment intéressant et émouvant de voir ses sentiments face à tous ces mondes, sa conscience littéraire qui s’éveille…

Ceci dit, ça reste un récit très triste qui m’a bouleversée également. Ce n’est jamais facile de voir un enfant souffrir, mais voir une enfance pulvérisée de la sorte – dans les trois livres d’ailleurs – ça fait vraiment mal au cœur.

En bref : Ce n’est toujours pas un coup de cœur même si je suis marquée au fer rouge par cette lecture. Ça me fait vraiment plaisir de voir que la grande littérature n’est pas morte et qu’on trouve encore d’aussi poignants témoignages des erreurs des hommes, témoignages qui nous font réfléchir sur nos propres erreurs et sur notre chance incommensurable de vivre aujourd’hui dans un pays en paix.

Petite Plume
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#22 Être sans destin

Auteur : Imre Kertész (hongrois)

Résumé : De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d’un temps arrêté et répétitif, victime tant de l’horreur concentrationnaire que de l’instinct de survie qui lui fit composer avec l’inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne vienne la proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu’il advient de l’humanité de l’homme quand il est privé de tout destin. Cette oeuvre dont l’élaboration a requis un inimaginable travail de distanciation et de mémoire dérangera tout autant ceux qui refusent encore de voir en face le fonctionnement du totalitarisme que ceux qui entretiennent le mythe d’un univers concentrationnaire manichéen.

Un livre à placer à côté de Si c’est un homme de Primo Levi.

Mon avis en général :

Cette histoire est juste hallucinante. Quand on voit le déroulement de la Seconde Guerre mondiale en histoire, on a vaguement l’impression que non seulement ça se passe très vite mais que en plus c’était une évidence pour tous ceux qui étaient en camp de concentration que c’était inhumain et horrible. Ce livre m’a totalement fait changer de point de vue. Bien sûr, aujourd’hui on croit tout à fait les horreurs qui s’y sont déroulées grâce à des livres comme celui-ci ou Si c’est un homme ou encore des témoignages. Mais j’avoue qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’on puisse accepter d’être traité comme ça et limite trouver ça normal. Et c’est ce que l’auteur arrive à montrer à travers l’histoire de cet adolescent. Au début je ne comprenais pas comment il pouvait accepter que ses compagnons se soient fais gazer, de travailler aussi dur dans d’aussi mauvaises conditions. Mais vers la fin du livre, l’adolescent parle à un journaliste et lui explique pourquoi il a accepté tout ça. Et comme j’avais tout le livre en tête encore à ce moment là, et bah j’ai compris.

En bref : Un récit tout à fait bouleversant, autant émotionnellement parlant que dans les représentations que l’on a de certaines choses de la Seconde Guerre mondiale. Mais ça reste assez dur à lire donc il faut avoir l’esprit bien accroché !

Petite Plume

#21 Le sentier des nids d’araignée

Auteur : Italo Calvino

Résumé : Nous sommes en Italie en pleine Seconde Guerre mondiale. Pin n’est qu’un enfant mais ses seuls copains sont des adultes : les habitués du café du coin d’une petite ville côtière. S’il aime se moquer d’eux, leur chanter des chansons, il n’irait jamais leur confier son secret : l’endroit où les araignées pondent leurs oeufs. Le vol d’un révolver allemand le conduira dans les brigades garibaldiennes. Et s’il y trouvait enfin un véritable ami ?

Mon avis sur :

L’histoire : J’ai trouvé l’histoire de Pin plutôt amusante, comme un rêve étrange que l’on fait et dont on garde une sorte de sourire mi-figue mi-raisin en se réveillant. Et en même temps j’ai eu vraiment pitié de ce petit garçon perdu aux milieu des grands et de la guerre, qui a déjà vu bien trop de choses pour son âge (je crois qu’il a à peine onze ans). Le fait que ce soit un enfant qui raconte la guerre lui donne un côté presque comique, en tous cas dédramatisé. Et en même temps, au fur et à mesure du récit on sent les blessures déjà causées par cette enfance qui n’en ait pas vraiment une, et on sent les blessures qui s’ouvrent petit à petit, la peur, les fanfaronnades pour la  cacher…

Les personnages : Dans un autre contexte,  Pin serait clairement un sale gosse. Du genre à qui on a envie de mettre une baffe et d’envoyer au lit sans dessert. Mais le contexte de la guerre, sa solitude et sa recherche désespérée d’un ami à qui montrer les nids d’araignée est touchante et on finit par se prendre d’affection pour ce gamin mal éduqué mais malheureux. Il faut dire que quand on est quasiment élevé par des hommes dans un café (plutôt un bar d’ailleurs) qui t’apprennent des chansons paillardes et qui sont plus intéressés par la guerre et les « tarifs » de ta sœur, ça n’aide pas à être un petit garçon gentil et bien élevé…

En bref : Malgré un début difficile, ce livre m’a  fait une forte impression et, sans être un coup de cœur, c’est clairement une lecture marquante, sérieuse et vraiment pas pour rire.

Petite Plume

#20 Le silence de Mélodie

Auteure : Sharon M. Draper

#Cyclamenthe vous en a déjà parlé mais je tenais à le faire aussi. Du coup ça va être un peu plus informel que d’habitude !

Suivre Mélodie, ses pensées, son quotidien, est vraiment une plongée dans l’émotion. C’est un rappel poignant que les personnes dites « handicapées », qu’elles aient des problèmes mentaux ou non, sont aussi des êtres humains, et qu’à ce titre on ne devrait jamais se permettre de les juger – ou plutôt d’avoir à leur encontre des préjugés, et encore moins du mépris ! Je trouve cela honteux de penser et d’agir comme si les personnes atteintes d’un handicap quelconque étaient stupides, n’avaient pas de sentiments ou ne comprenaient rien – même si certains handicapes limitent malheureusement les facultés. Ces personnes ont aussi le droit à la dignité et au respect que tout être humain entend recevoir. Tout est tellement stéréotypé autour d’eux que ça en devient gênant – gênant pour eux mais aussi pour tous ceux qui se disent « normaux ».

Etant moi-même atteinte d’une maladie chronique incurable (rien de grave et je ne tiens pas à m’étaler là-dessus), je comprends très bien nombre des problèmes soulevés dans ce livre (les nombreux rendez-vous médicaux, les examens, les médecins qui se croient tellement meilleurs que vous, l’impression d’avoir été jugé(e) sans même avoir été convié(e) au procès et sans savoir ce que vous aviez fait de « mal », etc.) et j’ai été profondément touchée de voir tout ça et bien plus réuni dans ce livre sans aucune autre prétention que celle de raconter la vie d’une petite fille comme les autres malgré tout.

Pour conclure, je dirai simplement ceci : face à nos « petits » problèmes, restons optimistes et cessons de nous plaindre. Il y a bien pire situation dans la vie.

Ah ! Et c’est un coup de cœur, bien évidemment 😉

PetitePlume

#19 Central Park

Auteur : Guillaume Musso

Résumé : Alice et Gabriel n’ont aucun souvenir de la nuit dernière … pourtant, ils ne sont pas près de l’oublier.

New York, 8 heures du matin. Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Elysées tandis que Gabriel jouait au piano dans un club de Dublin. Impossible ? Et pourtant…

Mon avis sur :

Déjà, un petit mot sur l’écrivain : c’est le deuxième Musso que je lis et le deuxième que j’aime beaucoup. Pour autant, je trouve qu’il y a quand même une base similaire… Est-ce comme ça pour tout ses livres ? Bref.

L’histoire : J’ai beaucoup aimé cette enquête policière sur fond de suspens. Ça a aussi le mérite de faire réfléchir une peu sur (attention, léger spoiler désolée) les maladies précoces et la violence – sans parler du dépaysement total ! Ah, New York… Le rêve Américain… Et la fin est absolument surprenante ! Je dirais même carrément hallucinante !

Les personnages : Je ne peux pas trop en dire sans révéler une grande partie de l’histoire, même involontairement, qui tourne principalement autour de leur psychologie. Ce sont des personnages auxquels on s’attache très vite, même si on fini par suspecter tout le monde de tout !

En bref : Entre révélations inattendus, trahisons et grandes découvertes, c’est un roman assez palpitant qui nous emporte ailleurs.

#18 Skryta’lian tome 1, Les témoins de l’Ombre

Auteure : Stéphanie Bellamy

Résumé : Le chaos règne sur Terre, semant la famine et des épidémies. La Triade est désormais le seul refuge face à cette anarchie : trois pays forment un bloc, protégeant ce qui reste de la  civilisation. Toutefois, cette paix demeure vulnérable.

Alors qu’un conflit politique jaillit, soulevant lentement la population, une troublante vérité éclate : l’Homme n’est pas le seul à avoir percé afin de devenir l’espèce dominante. Des êtres immémoriaux décident de refaire surface. Blessé par le Mal causé par les humains au fil des siècles, ce peuple vivant dans l’ombre se lève contre les prédateurs que sont devenus les mortels. Vengeant la Terre, il désire la rendre à elle-même, panser ses plaies et reprendre un pouvoir si généreusement cédé.

Mon avis sur :

L’histoire : J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans étant donné que je suis une maniaque de l’orthographe et qu’il restait un certain nombre de fautes… Ceci dit, une fois habituée (et rassurée par l’auteure qui m’a dit que tout avait été corrigé pour les versions suivantes de mon édition), la lecture est facile et les passages d’un point de vue à un autre, fluides. L’histoire en elle-même est juste géniale, j’ai vraiment adoré : il y a de l’originalité, du suspens mais aussi des reprises de thèmes déjà connus qui sont faites avec une virtuosité certaine. Une fois entrée dedans je n’en suis pas ressortie ! L’histoire est prenante et j’ai vraiment hâte de découvrir la suite !

Les personnages : Comme pour beaucoup d’autres romans, j’ai beaucoup aimé le fait que les personnages ne soient pas parfaits. Ils ont des contrariétés, des défauts, un passé plus ou moins lourd voire des traumatisme et c’est vraiment appréciable parce que, même si j’adore les super héros super puissants et invincibles, un peu de normalité – d’humanité – bah ça fait du bien ! J’ai bien aimé le détail apporté à chaque personnage, ses psychoses, ses vices, ses vertus (oulah je parle bien) et leur profondeur assez relative. Mais je ne peux pas vous en parler plus avant sans tous vous spoiler ! Ce serait dommage…

En bref : Même s’il y a le problème de l’orthographe dans mon édition, Skryta’lian est un livre très agréable à lire et je le place sans hésiter dans mes coups de cœur ! J’ai vraiment adoré !

Petite Plume

Chronique 3 : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

01/06/2017

Auteur : Joël Dicker (Suisse)laveritesurlaffaire

Editions : Editions de Fallois (2014)

Genre : Contemporain, Thriller

Première publication : 2012

Nombre de pages : 857

Synopsis

À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Avis

Ma relation avec ce livre

Ce livre m’a été conseillé et prêté par une amie de la fac.

Ambiance générale et style de l’auteur

Autant le dire tout de suite, ce livre est un véritable coup de coeur !

En débutant cette lecture, je m’attendais à un bon livre policier. Mais en réalité, nous ne sommes pas seulement face à une intrigue policière mais également à une réflexion sur l’écriture. Le personnage principal, Marcus Goldman écrivain qui cherche à écrire son deuxième livre, ne cesse tout au long du roman de s’interroger sur la manière d’écrire un best-seller et sur le sens de l’écriture. Les chapitres avec l’intrigue sont entrecoupés de chapitre donnant des « règles » pour écrire un livre, ce qui ajoute alors une dimension métaromanesque très intéressante.

Mais, le roman lui-même fait une mise en abyme et montre l’écriture en train de se faire. En effet, les scènes et le « scénario » de l’enquête policière se réécrient et évoluent en fonction de la façon dont avançe l’intrigue et des différentes révélations.

J’ai également beaucoup apprécié l’enquête en elle-même qui est très bien tournée. Chaque chapitre (ou presque) se termine sur un cliffhangher, et je vous promet qu’on ne voit pas passer les 800 pages.

Ce livre m’a également plu par sa profondeur et ses références à d’autres oeuvres et notamment Lolita de Vladimir Nabokov ainsi que son point de vue critique sur le monde de l’édition. Cela permet au lecteur de chercher les intertextes (oui j’aime bien faire ça… ^^) et de le faire un peu réflechir (est-ce que cette critique du monde de l’édition est légitime?).

Intrigue

Nous sommes face à un rythme soutenu, à de multiples histoires . Il y a un jeu sur la polyphonie et les différents point de vue des personnages. L’intrigue n’est pas linéaire et faite d’ellipses et de flash-back. Et Marcus Goldman doit sans cesse jongler entre fouiller dans le passé et lutter au présent, entre découvrir la vérité sur l’affaire Harry Québert et trouver qui est l’auteur des menaces qu’il reçoit.

Personnages

Marcus Goldman est un écrivain confronté au problème de la page blanche qui doit écrire un deuxième livre pour satisfaire le contrat de son éditeur. Ce personnage est vraiment attachant dans sa quête de vérité, son amitié pour Harry ainsi que dans son désarroi face à son manque d’inspiration.

Mais Marcus n’est pas le seul personnage attachant, et selon moi tous les personnages (à deux exceptions près), gentils comme méchants sont à un moment ou à un autre attachant.

En deux mots…

Une lecture coup de coeur !

Un roman policier qui a su trouver un équilibre entre intrigue trépidante et réflexion profonde.

Citations :

 » -Et comment sait-on que l’on est écrivain Harry ?

– Personne ne sait qu’il est écrivain. Ce sont les autres qui le lui disent. »

Ma note :

19/20

#Cyclamenthe

#17 Avant toi

Auteure : Jojo Moyes

Résumé : Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

[Résumé livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : C’est une belle histoire d’amour mais aussi d’épanouissement personnel, qui pousse à se chercher de nouvelles limites. J’ai eu un peu de mal à accrocher au début (j’ai l’impression que ça me le fait pour de plus en plus de livres, ces temps-ci, est-ce mon imagination ?) mais ensuite je me suis totalement laissée emporter par le récit. On passe d’émotions en émotions et ce qui est bien c’est qu’on fait tout au travers des yeux de Lou. On déteste les gens qu’elle déteste, on ne voit que par ses yeux et par ses sentiments, on aime les gens qu’elle aime. Avec parfois un petit chapitre du point de vue de quelqu’un d’autre.

Honnêtement, ce n’est pas vraiment le genre d’histoire que j’aime lire habituellement. Je trouve toujours ça trop long – même en film. Mais pour le coup, celle-ci m’a totalement emportée, au point que j’en ai oublié de dormir – même après avoir terminé le livre. Il y a juste eu un moment qui m’a refroidie et fait que ce n’est pas vraiment un coup de cœur, mais au fond je l’avais vu venir…

Le sujet en lui-même est très dur. Plus clairement, c’est une réflexion sur le droit qu’on a de vouloir vivre ou mourir et jusqu’où les autres sont autorisés à aller pour nous dire ce qu’on doit faire – autrement dit, nulle part étant donné que c’est un choix strictement personnel. Personnellement, je considère que la vie est sacrée et qu’on ne devrait pas y mettre fin, qu’on devrait toujours s’accrocher. Ceci dit, je comprends qu’on puisse vouloir en finir. Etant moi-même malade – à un degré moindre que Will – je comprends ce qu’on ressent face aux regards des autres qui se veulent compatissants mais qui ne sont que de la pitié et honnêtement, ça n’aide pas. Parce qu’on a pas besoin d’être considéré comme diminué ou infirme. A l’intérieur on est toujours pareil dans bien des cas. Et on met souvent du temps à accepter son nouveau statut de santé. Et à assumer le regard des autres qui, quoi qu’on dise ou fasse, nous juge toujours – plus ou moins consciemment. Et ça prend encore plus de temps de juste le leur rendre en ayant l’air de dire « merde ». Voilà, c’était ma petite diatribe, j’enchaîne.

Les personnages : On acquière au fil du récit une certaine empathie et beaucoup de compréhension envers Will mais aussi envers Lou, ses parents et sa famille et la famille de Will. En fait, on fini par s’attacher à la plupart. Même si plus d’une fois j’ai eu envie de secouer Lou pour lui dire de se réveiller et de faire quelque chose. N’importe quoi.

En bref : C’est un sujet vraiment dur à traiter et je ne pouvais pas ne pas essayer de donner mon avis sur la question. Il faut bien que le livre fasse réfléchir à quelque chose non ? Ce n’est pas un coup de cœur pour certaines raisons plus personnelles que dues au livre lui-même. Mais ça reste un bon moyen de se rendre compte de ce que vivre une personne handicapée ou atteinte d’une maladie quelconque depuis longtemps – même rien qu’un peu. C’est aussi très réfléchi et fait avec beaucoup de délicatesse et de tact.

Je le conseille à tous ceux qui veulent simplement essayer de comprendre un peu mieux les personnes malades ou handicapées. (En espérant que je n’aurais blessé ou offensé personne…)

Petite Plume

#16 Chroniques des Enchanteurs tome 1, 16 Lunes

Auteurs : Kami Garcia et Margaret Stohl

Résumé : J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je ne puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os dans au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse. Si j’avais su qu’en même temps que cette fille, dont j’allais tomber éperdument amoureux, surgirait aussi une malédiction… Nous étions menacés. Et cette fois, j’allais devoir la sauver… L’amour sera-t-il plus fort que le destin ?

[Résumé livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : J’avoue que j’y suis un peu allée en aveugle sur ce coup là. Je n’avais pas lu le résumé. Ça m’arrive rarement, j’aime biens savoir dans quoi je me plonge. Ou du moins en avoir une petite idée… Sauf que là j’ai fait confiance à des amies qui toutes me disaient avoir adoré 16 Lunes et avoir été un peu déçues par 17 Lunes. Je ne sais toujours pas si j’ai bien fait de les écouter.

J’ai traîné ce roman pendant plusieurs mois sans arriver à m’accrocher un tant soit peu à l’histoire. Il faut dire que l’édition numérique que j’ai eu ne me permettait que d’avoir des quarts de page… Ce qui n’est pas ouf, comme vous pouvez l’imaginer. En elle-même cependant, l’histoire n’est pas exactement originale. Ce qui m’a le plus surpris c’est que la majeure partie du récit soit fait par Ethan alors que je m’attendais à l’avoir du point de vue de Léna. Une autre originalité peut être dans la nature des Enchanteurs eux-mêmes : à la fois des sorciers et d’autres êtres merveilleux comme des sirènes ou des vampires (mais ce n’est pas comme ça qu’ils les appelle). Mais j’ai bien peur que pour moi ce soient les seuls points originaux. Pour le reste ça reste de la littérature adolescente basique. De la bonne littérature adolescente de base, mais de la littérature adolescente quand même.

Le style de la traduction est tout même bon, il faut le souligner, et ça m’a permis de mieux accrocher sur la fin mais sans plus. Ceci dit, je lirai quand même la suite. Non ce n’est pas du masochisme 😉 Je suis juste curieuse par rapport à la fin du livre. Et puis j’essaie en général de terminer les sagas que je commence. Je suis incapable d’abandonner…

Les personnages : Ce sont clairement des clichés sur pattes ambulants. La fille torturée et indécise qui a de grands pouvoirs secrets, le garçon populaire qui donne l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes mais qui rêve de s’enfuir, les pétasses (et le mot est faible) qui veulent juste rendre la vie impossible à l’héroïne…. Bref, pas ce que j’aime le plus. En fait, c’est même ce que je redoute le plus dans ce genre de littérature : les clichés. Un ou deux ne font pas de mal mais quand il y en a à la pelle…

Ceci dit, on s’attache quand même aux deux personnages principaux, peut-être parce que, comme je l’ai dit, pour une fois on n’a pas directement le point de vue de la personne qui a les pouvoirs mais on a celui de son entourage – en l’occurrence Ethan.

En bref : Quelque part, ça reste une bonne histoire, un classique indémodable avec juste une touche d’originalité. Rien de mirobolant cependant. Un peu une déception, je dois l’avouer. Mais je vais quand même continuer. Parce que je suis bizarre et que de temps en temps ça fait aussi du bien de lire des histoires sans prétentions qui ont l’air d’être pré-écrites dans tous les autres livres. Ça a quelque chose de rassurant.

Je suis vraiment bizarre, non ?

Petite Plume

#15 1984

Auteur : George Orwell

Résumé : De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.

BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.

Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

[Résumé livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : le récit en lui-même ne raconte pas grand chose. Le seul intérêt se trouve à partir de la deuxième partie – à mon sens – quand le personnage principal (on ne peut vraiment pas dire « héros » dans son cas…) commence réellement à faire plus de choses, à penser par lui-même. La lecture devient aussi plus fluide, peut-être à cause de « l’action » qui s’enrichie ou tout simplement parce qu’enfin Winston fait quelque chose.

En ce qui concerne la vision totalitariste décrite par George Orwell, elle est absolument terrifiante… On ne peut se fier à personne pas même à soi-même. Et la police de la pensée est partout, on ne peut même plus réfléchir par nous-même. C’est absolument étouffant, oppressant, et inquiétant. Certaines des choses qui sont décrites dans la troisième partie du livre m’ont fait froid dans le dos. Ce roman est l’histoire de la chute de l’humanité. Et ça fait très peur. Parce qu’honnêtement, quand on se demande si à sa place on aurait fait pareil, la réponse est – pour moi – oui…

Les personnages : Le personnage de Winston est très bien fait. C’est un monsieur tout le monde du Parti extérieur (de ceux qui s’occupent des choses peu importantes du Parti et qui se doivent seulement de suivre aveuglement ses instructions) mais aussi, ce qui est peut-être plus alarmant, de chez nous. Winston, c’est tout le monde. Il a des problèmes de santé, il a des problèmes à son boulot mais n’en dit rien… Il a un léger problème d’alcool et surtout il a des rêves plein la tête. Et c’est bien ce qui dérange dans le livre. Soyons clair, le Parti de Big Brother veut que les humains deviennent des robots, ni plus, ni moins. Une langue automatique, des pensées automatiques, des actes automatiques. Rien de personnel.

Il y a plusieurs autres personnages importants qui vont à la fois aider Winston et le précipiter vers sa chute. Citons Julia, O’Brien ou Mr Charrington. Je ne vous dit rien de plus, ça dévoilerait trop de choses.

En bref : George Orwell a su construire un monde à part qui pourrait – ou aurait pu – s’apparenter au nôtre. Et c’est peut-être le plus effrayant. Il a créé une sorte de monde où les frontières ne sont plus ce que sont les nôtres, o la langue change. Comme je l’ait dit, en Océania (grande puissance qui regroupe l’Europe de l’Est, une partie de l’Afrique, l’Angleterre et l’Australie il me semble) seul le novlangue doit être parlé, une langue automatique qui perd un peu plus de sa richesse chaque jour. Et cette langue a pour but d’ôter toute pensée non conforme aux décrets de Big Brother avant même qu’elles n’aient été esquissée dans l’esprit. Il est impossible avec le novlangue de penser autrement que comme on nous dit de penser…

Une belle réflexion sur le pouvoir de la langue et sur l’importance qu’elle a sans que l’on s’en rende compte dans nos représentations mentales. On me dit parfois que la langue française est riche et complexe pour ceux qui veulent l’apprendre qui ne sont pas français de naissance (et même pour certains français). Mais après avoir lu ce livre, j’en suis extrêmement heureuse.

Petite Plume