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Chronique 3 : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

01/06/2017

Auteur : Joël Dicker (Suisse)laveritesurlaffaire

Editions : Editions de Fallois (2014)

Genre : Contemporain, Thriller

Première publication : 2012

Nombre de pages : 857

Synopsis

À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Avis

Ma relation avec ce livre

Ce livre m’a été conseillé et prêté par une amie de la fac.

Ambiance générale et style de l’auteur

Autant le dire tout de suite, ce livre est un véritable coup de coeur !

En débutant cette lecture, je m’attendais à un bon livre policier. Mais en réalité, nous ne sommes pas seulement face à une intrigue policière mais également à une réflexion sur l’écriture. Le personnage principal, Marcus Goldman écrivain qui cherche à écrire son deuxième livre, ne cesse tout au long du roman de s’interroger sur la manière d’écrire un best-seller et sur le sens de l’écriture. Les chapitres avec l’intrigue sont entrecoupés de chapitre donnant des « règles » pour écrire un livre, ce qui ajoute alors une dimension métaromanesque très intéressante.

Mais, le roman lui-même fait une mise en abyme et montre l’écriture en train de se faire. En effet, les scènes et le « scénario » de l’enquête policière se réécrient et évoluent en fonction de la façon dont avançe l’intrigue et des différentes révélations.

J’ai également beaucoup apprécié l’enquête en elle-même qui est très bien tournée. Chaque chapitre (ou presque) se termine sur un cliffhangher, et je vous promet qu’on ne voit pas passer les 800 pages.

Ce livre m’a également plu par sa profondeur et ses références à d’autres oeuvres et notamment Lolita de Vladimir Nabokov ainsi que son point de vue critique sur le monde de l’édition. Cela permet au lecteur de chercher les intertextes (oui j’aime bien faire ça… ^^) et de le faire un peu réflechir (est-ce que cette critique du monde de l’édition est légitime?).

Intrigue

Nous sommes face à un rythme soutenu, à de multiples histoires . Il y a un jeu sur la polyphonie et les différents point de vue des personnages. L’intrigue n’est pas linéaire et faite d’ellipses et de flash-back. Et Marcus Goldman doit sans cesse jongler entre fouiller dans le passé et lutter au présent, entre découvrir la vérité sur l’affaire Harry Québert et trouver qui est l’auteur des menaces qu’il reçoit.

Personnages

Marcus Goldman est un écrivain confronté au problème de la page blanche qui doit écrire un deuxième livre pour satisfaire le contrat de son éditeur. Ce personnage est vraiment attachant dans sa quête de vérité, son amitié pour Harry ainsi que dans son désarroi face à son manque d’inspiration.

Mais Marcus n’est pas le seul personnage attachant, et selon moi tous les personnages (à deux exceptions près), gentils comme méchants sont à un moment ou à un autre attachant.

En deux mots…

Une lecture coup de coeur !

Un roman policier qui a su trouver un équilibre entre intrigue trépidante et réflexion profonde.

Citations :

 » -Et comment sait-on que l’on est écrivain Harry ?

– Personne ne sait qu’il est écrivain. Ce sont les autres qui le lui disent. »

Ma note :

19/20

#Cyclamenthe

#17 Avant toi

Auteure : Jojo Moyes

Résumé : Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

[Résumé livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : C’est une belle histoire d’amour mais aussi d’épanouissement personnel, qui pousse à se chercher de nouvelles limites. J’ai eu un peu de mal à accrocher au début (j’ai l’impression que ça me le fait pour de plus en plus de livres, ces temps-ci, est-ce mon imagination ?) mais ensuite je me suis totalement laissée emporter par le récit. On passe d’émotions en émotions et ce qui est bien c’est qu’on fait tout au travers des yeux de Lou. On déteste les gens qu’elle déteste, on ne voit que par ses yeux et par ses sentiments, on aime les gens qu’elle aime. Avec parfois un petit chapitre du point de vue de quelqu’un d’autre.

Honnêtement, ce n’est pas vraiment le genre d’histoire que j’aime lire habituellement. Je trouve toujours ça trop long – même en film. Mais pour le coup, celle-ci m’a totalement emportée, au point que j’en ai oublié de dormir – même après avoir terminé le livre. Il y a juste eu un moment qui m’a refroidie et fait que ce n’est pas vraiment un coup de cœur, mais au fond je l’avais vu venir…

Le sujet en lui-même est très dur. Plus clairement, c’est une réflexion sur le droit qu’on a de vouloir vivre ou mourir et jusqu’où les autres sont autorisés à aller pour nous dire ce qu’on doit faire – autrement dit, nulle part étant donné que c’est un choix strictement personnel. Personnellement, je considère que la vie est sacrée et qu’on ne devrait pas y mettre fin, qu’on devrait toujours s’accrocher. Ceci dit, je comprends qu’on puisse vouloir en finir. Etant moi-même malade – à un degré moindre que Will – je comprends ce qu’on ressent face aux regards des autres qui se veulent compatissants mais qui ne sont que de la pitié et honnêtement, ça n’aide pas. Parce qu’on a pas besoin d’être considéré comme diminué ou infirme. A l’intérieur on est toujours pareil dans bien des cas. Et on met souvent du temps à accepter son nouveau statut de santé. Et à assumer le regard des autres qui, quoi qu’on dise ou fasse, nous juge toujours – plus ou moins consciemment. Et ça prend encore plus de temps de juste le leur rendre en ayant l’air de dire « merde ». Voilà, c’était ma petite diatribe, j’enchaîne.

Les personnages : On acquière au fil du récit une certaine empathie et beaucoup de compréhension envers Will mais aussi envers Lou, ses parents et sa famille et la famille de Will. En fait, on fini par s’attacher à la plupart. Même si plus d’une fois j’ai eu envie de secouer Lou pour lui dire de se réveiller et de faire quelque chose. N’importe quoi.

En bref : C’est un sujet vraiment dur à traiter et je ne pouvais pas ne pas essayer de donner mon avis sur la question. Il faut bien que le livre fasse réfléchir à quelque chose non ? Ce n’est pas un coup de cœur pour certaines raisons plus personnelles que dues au livre lui-même. Mais ça reste un bon moyen de se rendre compte de ce que vivre une personne handicapée ou atteinte d’une maladie quelconque depuis longtemps – même rien qu’un peu. C’est aussi très réfléchi et fait avec beaucoup de délicatesse et de tact.

Je le conseille à tous ceux qui veulent simplement essayer de comprendre un peu mieux les personnes malades ou handicapées. (En espérant que je n’aurais blessé ou offensé personne…)

Petite Plume

#16 Chroniques des Enchanteurs tome 1, 16 Lunes

Auteurs : Kami Garcia et Margaret Stohl

Résumé : J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je ne puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os dans au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse. Si j’avais su qu’en même temps que cette fille, dont j’allais tomber éperdument amoureux, surgirait aussi une malédiction… Nous étions menacés. Et cette fois, j’allais devoir la sauver… L’amour sera-t-il plus fort que le destin ?

[Résumé livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : J’avoue que j’y suis un peu allée en aveugle sur ce coup là. Je n’avais pas lu le résumé. Ça m’arrive rarement, j’aime biens savoir dans quoi je me plonge. Ou du moins en avoir une petite idée… Sauf que là j’ai fait confiance à des amies qui toutes me disaient avoir adoré 16 Lunes et avoir été un peu déçues par 17 Lunes. Je ne sais toujours pas si j’ai bien fait de les écouter.

J’ai traîné ce roman pendant plusieurs mois sans arriver à m’accrocher un tant soit peu à l’histoire. Il faut dire que l’édition numérique que j’ai eu ne me permettait que d’avoir des quarts de page… Ce qui n’est pas ouf, comme vous pouvez l’imaginer. En elle-même cependant, l’histoire n’est pas exactement originale. Ce qui m’a le plus surpris c’est que la majeure partie du récit soit fait par Ethan alors que je m’attendais à l’avoir du point de vue de Léna. Une autre originalité peut être dans la nature des Enchanteurs eux-mêmes : à la fois des sorciers et d’autres êtres merveilleux comme des sirènes ou des vampires (mais ce n’est pas comme ça qu’ils les appelle). Mais j’ai bien peur que pour moi ce soient les seuls points originaux. Pour le reste ça reste de la littérature adolescente basique. De la bonne littérature adolescente de base, mais de la littérature adolescente quand même.

Le style de la traduction est tout même bon, il faut le souligner, et ça m’a permis de mieux accrocher sur la fin mais sans plus. Ceci dit, je lirai quand même la suite. Non ce n’est pas du masochisme 😉 Je suis juste curieuse par rapport à la fin du livre. Et puis j’essaie en général de terminer les sagas que je commence. Je suis incapable d’abandonner…

Les personnages : Ce sont clairement des clichés sur pattes ambulants. La fille torturée et indécise qui a de grands pouvoirs secrets, le garçon populaire qui donne l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes mais qui rêve de s’enfuir, les pétasses (et le mot est faible) qui veulent juste rendre la vie impossible à l’héroïne…. Bref, pas ce que j’aime le plus. En fait, c’est même ce que je redoute le plus dans ce genre de littérature : les clichés. Un ou deux ne font pas de mal mais quand il y en a à la pelle…

Ceci dit, on s’attache quand même aux deux personnages principaux, peut-être parce que, comme je l’ai dit, pour une fois on n’a pas directement le point de vue de la personne qui a les pouvoirs mais on a celui de son entourage – en l’occurrence Ethan.

En bref : Quelque part, ça reste une bonne histoire, un classique indémodable avec juste une touche d’originalité. Rien de mirobolant cependant. Un peu une déception, je dois l’avouer. Mais je vais quand même continuer. Parce que je suis bizarre et que de temps en temps ça fait aussi du bien de lire des histoires sans prétentions qui ont l’air d’être pré-écrites dans tous les autres livres. Ça a quelque chose de rassurant.

Je suis vraiment bizarre, non ?

Petite Plume

#15 1984

Auteur : George Orwell

Résumé : De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.

BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.

Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

[Résumé livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : le récit en lui-même ne raconte pas grand chose. Le seul intérêt se trouve à partir de la deuxième partie – à mon sens – quand le personnage principal (on ne peut vraiment pas dire « héros » dans son cas…) commence réellement à faire plus de choses, à penser par lui-même. La lecture devient aussi plus fluide, peut-être à cause de « l’action » qui s’enrichie ou tout simplement parce qu’enfin Winston fait quelque chose.

En ce qui concerne la vision totalitariste décrite par George Orwell, elle est absolument terrifiante… On ne peut se fier à personne pas même à soi-même. Et la police de la pensée est partout, on ne peut même plus réfléchir par nous-même. C’est absolument étouffant, oppressant, et inquiétant. Certaines des choses qui sont décrites dans la troisième partie du livre m’ont fait froid dans le dos. Ce roman est l’histoire de la chute de l’humanité. Et ça fait très peur. Parce qu’honnêtement, quand on se demande si à sa place on aurait fait pareil, la réponse est – pour moi – oui…

Les personnages : Le personnage de Winston est très bien fait. C’est un monsieur tout le monde du Parti extérieur (de ceux qui s’occupent des choses peu importantes du Parti et qui se doivent seulement de suivre aveuglement ses instructions) mais aussi, ce qui est peut-être plus alarmant, de chez nous. Winston, c’est tout le monde. Il a des problèmes de santé, il a des problèmes à son boulot mais n’en dit rien… Il a un léger problème d’alcool et surtout il a des rêves plein la tête. Et c’est bien ce qui dérange dans le livre. Soyons clair, le Parti de Big Brother veut que les humains deviennent des robots, ni plus, ni moins. Une langue automatique, des pensées automatiques, des actes automatiques. Rien de personnel.

Il y a plusieurs autres personnages importants qui vont à la fois aider Winston et le précipiter vers sa chute. Citons Julia, O’Brien ou Mr Charrington. Je ne vous dit rien de plus, ça dévoilerait trop de choses.

En bref : George Orwell a su construire un monde à part qui pourrait – ou aurait pu – s’apparenter au nôtre. Et c’est peut-être le plus effrayant. Il a créé une sorte de monde où les frontières ne sont plus ce que sont les nôtres, o la langue change. Comme je l’ait dit, en Océania (grande puissance qui regroupe l’Europe de l’Est, une partie de l’Afrique, l’Angleterre et l’Australie il me semble) seul le novlangue doit être parlé, une langue automatique qui perd un peu plus de sa richesse chaque jour. Et cette langue a pour but d’ôter toute pensée non conforme aux décrets de Big Brother avant même qu’elles n’aient été esquissée dans l’esprit. Il est impossible avec le novlangue de penser autrement que comme on nous dit de penser…

Une belle réflexion sur le pouvoir de la langue et sur l’importance qu’elle a sans que l’on s’en rende compte dans nos représentations mentales. On me dit parfois que la langue française est riche et complexe pour ceux qui veulent l’apprendre qui ne sont pas français de naissance (et même pour certains français). Mais après avoir lu ce livre, j’en suis extrêmement heureuse.

Petite Plume

#14 Waterfire Saga, tome 1 : Deep Blue

Auteure : Jennifer Donnelly

Résumé : Au fin fond de l’océan, dans un monde pas si différent du nôtre, vit le peuple mer. Plusieurs communautés se partagent les eaux du monde entier, certaines en bonne entente, d’autres en conflit déclaré. Lorsque la princesse Serafina s’éveille au matin de ses fiançailles, sa première préoccupation devrait être de plaire au beau prince Mahdi, son promis. Pourtant, Serafina est hantée par un cauchemar lui annonçant le retour d’une ancienne malédiction. Ses sombres prémonitions se confirment quand un assassin frappe sa mère, la reine Isabella, d’une flèche empoisonnée. Serafina doit alors découvrir qui a commandité ce meurtre afin d’empêcher les communautés mers de s’entredéchirer dans une guerre impitoyable. Aidée par cinq amies issues de mers exotiques, elle mettra au jour une conspiration qui dépasse leurs pires craintes.

[résumé Booknode]

Mon avis sur :

L’histoire : Son originalité se trouve principalement dans le fait que le héros soit une sirène. Et soit pluriel. Et soit féminin. Bref. Une histoire à la fois classique (il faut sauver le monde) et originale parce que c’est un monde que je n’ai pas beaucoup vu être exploré (peut-être est-ce seulement moi qui ne lit pas les bons livres ?). En tous cas, je préfère penser que ce récit est unique en son genre – et c’est certainement le cas en ce qui me concerne puisque c’est ce qui me fait découvrir cet univers aquatique. Parfois c’est difficile d’imaginer sans penser à des humains, surtout au début, mais ensuite on s’y fait et c’est vraiment extraordinaire ! J’ai lu une critique sur Booknode (je ne sais plus de qui) où la personne disait que c’était dommage que l’auteure utilise tant de termes spécifiques et inconnus dès le début. Moi je ne trouve pas. Ça donne de la richesse au texte et ça me donne vraiment l’impression de débarquer dans un autre monde. En plus, on s’y habitue très vite. Autre chose qui me plait c’est que l’auteure sait garder du suspens. J’y reviens tout de suite.

Les personnages : les personnages sont tous complets, sans être complexes. Alors bien sûr, il y a des clichés et des choses qu’on devine très vite. Mais, comme je le disais, l’auteure sait garder le suspens. Pendant environ la moitié du livre j’ai été persuadée de quelque chose à propos d’un des personnages mais je n’en ai toujours pas la confirmation… On verra si mon instinct de lectrice a vu juste plus tard ! C’est tellement frustrant et en même temps génial !

Même quand un personnage confirme un cliché que l’on voit venir comme une montagne, l’auteure fait arriver le tout avec humour et peut-être même un peu de sarcasme ou d’auto-dérision, style « j’ai pas réussi à trouver mieux, désolée, contentez-vous de ça », je n’ai pas encore décidé lequel c’était. Mais globalement, ces moments restent rares et sont d’autant plus appréciés.

En bref : ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre qui me surprenne autant alors que je m’attendait à quelque chose de relativement semblable à d’autres livres du genre que j’ai lu. Le fait que ce soit un univers qui m’est inconnu y est sans doute pour quelque chose mais c’est très rafraîchissant et vraiment très agréable de voir que la littérature à encore plein de surprises à nous offrir (qu’est-ce que cette phrase fait prétentieuse quand même !). Ce n’est pas un coup de cœur ceci dit. Juste une très bonne surprise.

Petite Plume

#13 D.I.M.I.L.Y

Auteure : Estelle Maskame

Résumé : Eden, 16 ans, va passer l’été dans la famille recomposée de son père, à Santa Monica, en Californie. Ce dernier a refait sa vie… Ce qui veut dire trois nouveaux demi-frères pour Eden. Le plus âgé, Tyler, est un vrai bad-boy : séducteur, égocentrique, violent…
Fascinée, elle ne peut s’empêcher de succomber au charme de la seule personne qui lui est défendue : son demi-frère.

[résumé Livraddict]

Mon avis sur :

L’histoire : elle n’est pas à mon sens très originale avec tout un tas de clichés qui la jalonnent. Honnêtement, c’est la plume absolument magnifique et fluide de l’auteure qui m’a permis de ne pas immédiatement refermer le livre quand j’ai vu les premiers clichés débarquer gentiment puis s’accumuler les uns après les autres. Cette plume rend l’histoire plutôt plaisante. Mais globalement rien d’extraordinaire…

Les personnages : ce sont des cliché sur pattes pour la plupart. Les parents divorcés, le type remarié, les demi-frères/sœurs sympa et LE pas sympa… Même dans leurs relations tout est stéréotypé. Heureusement, comme je l’ai déjà dit que la manière d’écrire d’Estelle Maskame est belle sinon je crois que je n’aurais pas tenu… La seule chose que j’ai trouvée bien avec ces personnages « typiques » c’est qu’elle a choisit les clichés qu’on va dire tordus : ils ne sont pas tout lisse, tout blanc et tout beau. Non ils ont des problèmes (et même de sacrés problèmes) et les vivent plus ou moins bien.

En général : En bref, je dirais que c’est un roman pour adolescent pur et dur comme on peut les aimer au collège ou au lycée (et même après il n’y a pas de raison) mais ce n’est pas trop mon style. Pourtant, assez paradoxalement, je lirai quand même la suite parce qu’ils y a certaines choses dont je veux savoir l’évolution. On verra bien ce que ça donne !

Petite Plume

#12 Destinés

 

Auteure : Lucie Barnasson

Résumé : Lénia vit dans un monde où toute mélodie est interdite – pire même puisqu’elle y est considérée comme nocive ! La population vit donc depuis plus d’un siècle réfugiée sous des dômes insonorisés. Cependant, contrairement à ses semblables que cela n’a jamais empêché de continuer à vivre normalement, la jeune adolescente se sent enfermée, prisonnière de cette vie tout autant que des dômes. Sa rencontre avec Tristan apporte enfin toute la lumière sur le mystère de ce mal-être, et Lénia découvre qui elle est vraiment.

Mais qui est cette ombre mystérieuse et sombre qui semble la suivre jusque dans ses cauchemars ? Et quel terrible secret cache-t-elle sous sa cape au revers de sang ?

Mon avis sur : 

L’histoire : OH MON DIEU ! Une vie sans musique ! Quel horrible concept pour moi qui y suit accro ! Enfin bref. J’attendais cette histoire avec impatience (surtout parce qu’une amie – qui se reconnaîtra – me harcelais dès qu’il s’agissait de ce livre…) et je ne suis pas déçue ! L’histoire est rondement menée avec des clichés qui ne tombent pas dans les clichés. Oui c’est très paradoxale. On sent particulièrement l’influence de tout un monde de fantasy et de fantastique qui doit faire partie du panel de lecture de l’auteure et c’est vraiment très intéressant parce qu’en lisant ces pages non seulement on apprend à connaître les personnages, mais aussi l’auteure ! Bien sûr pas intimement mais on arrive à capter un petit bout de son monde imaginaire (celui en-dehors du livre of course), chose que je n’avais jamais remarqué chez aucun des auteurs que j’ai pu lire jusqu’ici – sauf dans le cas de fan-fictions mais là  c’était assez évident.

L’histoire en elle-même est très riche avec un certain suspens rythmé par des révélations qui arrivent comme de petites bombes. Alors qu’on croit savoir la majeure partie des informations importantes BAM quelque chose arrive qui remet tout en question pour l’héroïne et donc pour le lecteur puisque le récit est de son point de vue.

J’avoue que j’ai eu un peu de mal avec le récit au présent par contre – ce n’est pas très courant dans les livres que je lis habituellement. Il y a plus d’imparfait et de passé simple dans ma bibliothèque… Mais bon ça c’est parce que je suis embêtante !

Les personnages : Les personnages sont complexes sans trop l’être non plus. J’explique : pas d’être torturé par un passé douloureux (quoi que ?), pas de personnages à fond dans les clichés, et pour une fois (Dieu merci) pas de Bad Boy à tomber par terre qui séduit l’héroïne totalement en pâmoison devant lui. Lucie a réussi à créer des personnages complets et complexes qui ressemblent à de vraies personnes tout en étant des personnages principaux. Je ne peux pas trop en dire non plus sur certains clichés évités par l’auteure (je lui enverrais un petit billet personnel plus tard pour l’en féliciter) parce que ça révélerait une bonne partie de l’intrigue et bousillerait le premier quart de l’histoire. Ce serait dommage.

A part ça je suis tombée amoureuse de Liam hihihi

En général : On peut donc dire que c’est une histoire rondement menée avec des personnages attachants et juste ce qu’il faut de personnes à qui on a envie de donner des gifles ainsi que juste le nombre parfait de révélations données au compte goutte de manière assez virtuose. Ça pourrait être un coup de cœur si une certaine personne n’avait pas passé son temps à m’en rebattre les oreilles pour que je le lise :’) Lucie tu sais qui taper je pense ! Non je plaisante c’est bel et bien un coup de cœur énorme et maintenant j’attends la suite !

Petite Plume

 

Chronique 2 : Le silence de Mélodie, Sharon M. Draper

Auteur : Sharon M. Draper (États-Unis)silence-melodie

Editions : Michel Lafon, 2015

Genre : Contemporain

Première publication : 2010

Nombre de pages : 266

Synopsis

« Quand j’ai eu deux ans, tous mes souvenirs avaient des mots, et tous mes mots avaient une signification.
Mais seulement dans ma tête.
Je n’ai jamais prononcé un seul mot. J’ai bientôt onze ans. »

 

Avis

Ma relation avec ce livre

Ce livre fait partie de la sélection « Vendée’lire » qui est un prix littéraire des collégiens. C’est dans ce cadre que mon petit frère l’a donc emprunté au CDI de son collège pour le lire.

C’est d’abord la première de couverture qui m’a intrigué, puis le résumé a finit de me convaincre. De plus, j’avais entendu parler de ce livre par la Booktubeuse « Audrey – Le souffle des mots » qui avait beaucoup apprécié ce livre.

Ambiance générale et style de l’auteur

Ce sujet « difficile » a été magnifiquement bien traité par l’auteure ! Nous sommes dans la tête de cet enfant de 11 ans qui souffre d’une paralysie cérébrale. Elle ne peut donc ni bouger, ni parler et communiquer est donc un vrai challenge pour elle alors même qu’elle est très intelligente, que les émotions et les mots se bousculent dans sa tête. Nous sommes pendant tout le livre dans la tête de Mélodie et comme elle nous sommes « coincé » et totalement impuissant. C’est très frustrant mais également très malin de la part de l’auteure car c’est un moyen efficace pour nous faire comprendre ce qu’elle ressent. Pour ce qui est de l’ambiance générale, je ne sais pas vraiment comment la résumer : on passe d’une émotion à l’autre. Du rire au larme, en passant par l’angoisse, l’espoir et la colère, ce livre est un véritable caméléon émotionnel !

Intrigue

L’intrigue se focalise donc sur le point de vue de Mélodie. Cette jeune fille exprime simplement et naturellement sa vie hors norme, ses défis, son désir d’intégration, sa soif de savoir ainsi que ses débuts de communications. En partageant la vie de Mélodie on voit alors ses défis du quotidien qui n’en sont pas pour nous et nous semblent naturels. Sharon M. Draper ne tombe pas pour autant dans le pathos, car son personnage est pétillant de vie et de bonne humeur.

Personnages

Le personnage de Mélodie est extrêmement attachant. C’est évidemment une conséquence directe du récit à la première personne qui nous met directement dans sa tête. Mais également, comment pourrais-t-on rester insensible face à une petite fille qui se bat coûte que coûte contre la solitude qu’entraine sa maladie. Ce personnage ne cesse de faire tout ce qui est en son pouvoir pour « être normale ». Car au-delà du thème de la maladie, Mélodie est une adolescente, confrontée donc comme tous au regard des autres et evidemment dans cette période difficile, la différence est souvent un poid.

Les parents de Mélodie sont également attachants car on voit les difficultés du quotidien auxquelles ils font face. Ils sont réalistes car ce ne sont pas de « super-parents ». En effet, dans le roman, on voit leurs baisses de motivations, leurs colères mais également leurs limites dans la compréhension de leur fille. Car malgré l’instinct maternel, lorsqu’on est pas dans sa tête il n’est pas toujours facile de comprendre Mélodie.

Le seul (petit) point négatif de ce livre, s’il faut lui en trouver un, est que le personnage de Mélodie est trop mature. En effet, lorsque je lisais, je n’avais pas l’impression d’être dans la tête d’une fillette de 11 ans mais plutôt dans celle d’une adolescente de 14-15 ans. Cependant, ce point négatif s’accompagne d’un point positif car cela montre que le personnage protagoniste est recherché et profond.

Les autres personnages comprenant les camarades de classes, les enseignants, mais aussi les médecins montrent qu’on porte aisément un jugement trop hâtif sur autrui. En effet, comme Mélodie aime le répéter, son cerveau n’est pas gelé. Or, cela interroge notre propre vision des choses face à l’handicap : sommes-nous comme ces jeunes qui se moquent ? Ceux qui préfèrent ignorer ? Ceux qui suivent le groupe et rejettent ? Considérons-nous ces personnes comme inférieures ou moins intelligentes parce qu’elles sont différentes ?

En deux mots…

Une très bonne lecture qui fait réfléchir

Points forts : Des personnages attachants, réalistes, recherchés et convaincants. Un sujet difficile traité avec brio et qui ne tombe pas dans le pathos.

Points faibles : Un personnage trop mature pour son âge ?

Citations :

« La musique c’est comme entendre le son des couleurs et sentir le parfum des images »

« C’était une de ces journées de début novembre qui aurait sûrement plu à un peintre ! Des feuillages rouge mordoré. Un soleil lumineux. Un arrière-goût d’été. Je comprends que Penny ait eu envie de s’évader. »

« Des mots.

Des milliers de mots m’entourent. Peut-être même des millions.

Cathédrale. Mayonnaise. Grenade.

Mississippi. Napolitain. Hippopotame.

Soyeux. Terrifiant. Irisé.

Chatouiller. Éternuer. Souhaiter. S’inquiéter.

Depuis toujours, ils tourbillonnent autour de moi comme des flocons de neige et fondent, intacts, dans mes mains, tous aussi délicats et différents les uns des autres »

Ma note :

18/20

#Cyclamenthe

#11 Les liaisons dangereuses

 

Auteur : Charles Laclos

Résumé : La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.

Mon avis sur :

Les personnages : ils sont presque tous détestables à souhait, surtout Madame de Merteuil. J’ai été bien contente quand j’ai vu ce qui lui arrivait à la fin… Tout comme au Vicomte de Valmont ! Ceux que j’appréciais au début, comme Cécile Volanges, Danceny ou la présidente de Tourvel m’ont énormément déçue…

L’histoire : au-delà du style épistolaire auquel je ne suis pas habituée, le style du XVIe siècle est lourd, les lettres sont longues et donnent une atmosphère intrusive. Quelque part c’est plus intéressant qu’avec un récit suivit « normal » mais ça ne me plaît pas du tout… Surtout pour le côté « je ne sais pas quoi faire dites moi tout ce que je dois faire » ou encore « je suis fière de moi, je lui ai résisté, félicitez moi » suivit d’un « elle est dans ma poche » des plus déplacé… Sans parler des coucheries diverses, mensonges et autres complots…

En bref : je ne suis pas fâchée d’avoir terminé ce livre… A l’époque de sa première publication il a dû provoquer un scandale affreux, mais aujourd’hui c’est juste dérangeant, inapproprié et un peu ennuyeux. Ceci dit, ça reste un grand classique de la littérature et même si j’ai du le lire pour mes cours, ça me fait ça de plus pour ma culture !

Petite Plume

Au bonheur des ogres, Daniel Pennac

Auteur : Daniel Pennac (France)c_au-bonheur-des-ogres_4604

Editions : Gallimard, collection Folio

Genre : Contemporain

Année de sortie : 1985

Nombre de pages : 287

Synopsis

« Côté famille, maman s’est tirée une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres Noël.
Côté coeur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour l’explosion de la troisième, ils m’ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don… »

 

Avis

Ma relation avec ce livre

Ce livre m’a été offert par une amie, et c’était donc l’occasion pour moi de découvrir l’auteur Daniel Pennac que je ne connaissais pas.

Ambiance générale et style de l’auteur

L’ambiance générale est plutôt amusante et déroutante. Nous sommes face à une histoire et des personnages loufoques, le traitement de l’histoire est donc comique voire burlesque avec une certaine touche d’ironie sur certains passages. Le style de l’auteur est peu commun, je ne saurais pas comment le décrire mais c’est un style vraiment original et nouveau. Je n’avais jamais lu de livre avec un style pareil.

Intrigue

L’intrigue se focalise sur le personnage de Ben Malaussène, bouc-emissaire dans un grand magasin qui va être soupçonné d’être l’auteur des attentats à la bombe qui se déroulent dans ce magasin. Sur un fond de roman policier, on se focalise surtout sur la façon de vivre et la philosophie (sur l’amour, la famille, etc…) de Ben.

J’ai été plutôt déçue de l’intrigue car dès le milieu du roman j’avais deviné l’auteur et le mobile des meurtres à la bombe. Donc une intrigue prévisible qui ne m’a pas convaincu. Cependant, j’ai apprécié la situation loufoque du personnage et son métier hors du commun.

Personnages

Il y a dans ce roman l’évocation de nombreux personnages. Certains sont intéressants mais peu développé ce qui est vraiment dommage. Etant donné que l’intrigue m’a déçu, j’en attendais beaucoup des personnages et notamment de Ben. Et justement, j’ai un ressenti ambigu pour ce qui est du personnage protagoniste. Effectivement, son côté grand-frère paternel est attachant mais certaines de ses réactions et réflexions le rendent un peu naïf tandis qu’à d’autres moments ses paroles sont plutôt crû. Il me fait penser à un adolescent qui est tiraillé entre son côté naïf, enfantin et impatient, son côté adulte et responsable, et son côté crû.

Pour ce qui est des autres personnages ils sont très différents mais tous plus loufoques les uns que les autres. Pour moi, ils sont attachants mais certains sont peu réalistes et peut-être trop déjantés ce qui m’a fait sortir de l’histoire.

En deux mots…

Une lecture sympathique mais sans plus

Points forts : Le style de l’auteur, des personnages attachants, la situation du personnage protagoniste (métier, famille). J’ai également apprécié le traitement comique et burlesque d’une situation sérieuse (une enquête policière sur des meurtres).

Points faibles : une intrigue prévisible, des personnages peu réalistes.

Quelques infos :

Ce livre est le premier tome de la Saga Malaussène (du nom du personnage protagoniste de ce premier tome). Cette saga compte 7 tomes : La fée CarabineLa petite marchande de proseMonsieur MalaussèneDes Chrétiens et des MauresAux fruits de la passionMonsieur Malaussène au théâtre.

Ce premier tome a été adapté au cinéma sous le même titre et est sorti en 2013.

Citations :

« Je regarde autour de moi : le fait que le Dieu Hasard bute par bonheur les célibataires en priorité, ne semble pas perturber le petit monde familial du métropolitain »

« Ne jamais exagérer le mal qu’on peut faire aux autres. Leur laisser ce plaisir. »

Ma note :

14/20

#Cyclamenthe