Archives pour la catégorie Chroniques

#SP06 Les petits yeux étoilés

Auteur : Bruno Madelaine

Résumé : Notre société de consommation aime étiqueter, tracer et catégoriser tous ses produits. Si vous voulez y trouver votre place, il vous faudra entrer sagement dans une des cases qu’elle vous aura réservée. Inutile d’essayer d’en changer en cours de route, la colle utilisée est bien trop forte. Moi Simon Renaud, jeune handicapé de 18 ans, n’ai pas pu échapper à cette règle dès ma naissance :  » 3.720 kg, Origine France, Viande génétiquement modifiée, AOC Syndrome de Williams & Beuren, élevé en Institut medico-éducatif et nourri pendant 18 ans par alimentation entérale hypercalorique.  » Or, je compte bien par le récit extraordinaire de mon histoire, faire voler en éclats chacune de vos certitudes. Jamais plus vous ne verrez le handicap de la même manière. Il se pourrait bien d’ailleurs que celui-ci vous offre l’extraordinaire opportunité de dépasser vous aussi vos propres difficultés et peut-être même de changer radicalement votre vision de la vie. Alors certes, je suis un être différent, mais pas exactement comme vous pouvez le penser et surtout bien plus encore que vous ne l’imaginez…  » Vous dites que je suis différent, or moi je pense que vous êtes tous les mêmes  » Simon Renaud

Mon avis sur :

L’histoire : j’ai d’abord été séduite par la poésie et l’ironie, l’humour noir également, qui ressortent du résumé. Ensuite, j’ai été totalement séduite par le côté rétrospectif de l’histoire auquel je ne m’attendais pas du tout à la lecture du résume. L’entièreté du roman est rempli d’humour, de tendresse, de douceur, d’amour et de sensibilité, ce qui donne un texte extrêmement agréable à lire, qu’on pourrait lire sans fin, tantôt émouvant, tantôt drôle, parfois sarcastique mais toujours poétique et touchant.

Les personnages : on s’attache à tous les personnages très vite et très facilement, même si j’ai eu une grosse frayeur à un moment donné (je ne dirai rien de plus pour ne pas spoiler, si vous voulez savoir, lisez !) et lorsque le narrateur raconte son histoire, son expérience de la maladie il n’y a rien de pathétique, on sent vraiment que ce n’est pas une façon pour lui (autant le narrateur dans l’histoire que pour l’auteur) de réclamer une reconnaissance ou de forcer le trait pour nous arracher une larme. Je signale quand même que c’est un témoignage donc je ne vais pas me permettre de juger les comportements ou les caractères des personnages, ne sachant pas vraiment à quel point ils sont représentatifs de la réalité et – du reste – tout est très réaliste donc je n’ai aucun doute sur la véracité de beaucoup de choses, si ce n’est tout.

En bref : Un livre excellent, poétique, touchant, très juste et à mon sens représentatif de ce que l’on peut ressentir en tant que malade ou proche de malade – sans aller jusqu’à dire que ça l’est précisément de ceux qui ont le syndrome de Williams et Beuren étant donné que je ne connais personne ayant cette « maladie ». C’est une belle leçon de vie qui nous apprend à respecter la différence, peut importe son origine, quelle soit sociale, raciale ou à cause d’un problème de santé. Je m’exprime peut-être mal et j’en suis navrée, mais en tous cas je peux dire que c’est incontestablement un coup de cœur.

Petite Plume

Parce que j’ai surkiffé, quelques citations :

Le narrateur, chapitre 3 (il parle en tant que bébé, je précise) : « J’aimais bien séduire, il est vrai, mais je n’avais qu’une seule amoureuse dans ma vie, c’était ma maman« .

Le narrateur, chapitre 4 : « Le cœur d’une maman est semblable à une île au milieu de l’océan. On peut venir s’y ressourcer, s’y reposer, sans jamais craindre pour sa vie« .

Le narrateur, chapitre 4 : « Je suis hyper-sociable et parfois quelque peu désinhibé, mais je suis fier de cela. Je ne comprends pas bien pourquoi on me le reproche, d’ailleurs. Comment pourrions-nous trop aimer les gens ? C’est peut-être juste parce que la société n’est pas prête à recevoir tant d’amour« .

Le narrateur, chapitre 5 : « Sans aucune animosité de ma part et avec beaucoup d’amitié, je crois bien que je préfère ma condition à la vôtre. Je suis même assez fier d’en être arrivé là. A ceux qui me disent que je suis différent, je leur répond souvent que moi, j’ai l’impression qu’ils sont tous les mêmes« .

Le narrateur, chapitre 9 : « L’amour est une équation à plusieurs inconnus que chacun d’entre nous cherche à résoudre« .

Le narrateur, chapitre 9 : « Je suis différent. Je ne mange pas comme vous, je ne raisonne pas comme les autres, mais après tout, qu’est-ce que c’est que d’être normal ? Est-ce que manger du foie gras en ayant conscience de la torture infligée plusieurs fois par jour à des pauvres canards jusqu’à ce que leur organes explosent, c’est normal ? Est-ce que boire chaque jour des sodas dont la composition chimique ultra agressive ne vous laisse le choix qu’entre le diabète et le cancer, est normal ? Est-ce que prendre de l’alcool régulièrement, et même parfois en quantité, sous le prétexte fallacieux de la convivialité, quitte à devenir méchant, amnésique ou dangereux, c’est cela être normal ? […] Ce monde est fou, ce monde est injuste, ce monde court à sa perte, mais ce monde est persuadé d’avoir raison, il est donc légitime de penser que ce sont les autres qui vont mal« .

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#SP05 – Des aventures hors du commun

Auteur : Yannick Giammona

Résumé :

Zoé a huit ans. Elle possède un don. Elle doit apprendre à le gérer. Surtout quand les milliers de voix qu’elle entend se mélangent dans sa tête. Heureusement, Tom va l’aider à enfermer toutes ces voix et à vivre avec ce don.

Diana et Jonathan sont étudiants à Paris. Ils vivent ensemble en appartement. Ils vont apprendre, à leurs dépens, que le miroir qui est dans leur chambre est un objret maléfique…

Pierre est instituteur en Normandie. Sans le savoir, il a des voisines étranges. En effet, sa curiosité va le mener à voir ses deux vieilles dames faire des allées et venues incessantes entre leur cave et leur voiture. Et la curiosité est un bien vilain défaut !

Retrouvez à travers trois nouvelles des aventures hors du commun, où rien ne présage à l’avance ce qu’il va arriver à des personnages qui sont au départ des plus ordinaires.

[Résumé Simplement.pro]

Mon avis sur :

La première histoire : j’ai trouvé cette première histoire très mignonne, et assez décalée par rapport aux autres récits du roman. L’héroïne est attachante, le déroulement assez attendu mais agréable et globalement réaliste. Si jamais cela doit se faire, j’aurai plaisir à découvrir la suite de l’histoire de Zoé ! Quelque chose du style : qu’est-ce qu’il se passera si elle a des enfants ?

La deuxième histoire et la troisième histoire : je peux mettre les deux récits ensemble parce que les deux m’ont dérangée… Déjà, d’un récit assez mignon, on passe à des choses plus angoissantes et « trash » de mon point de vue (ça veut dire que pour un lecteur lambda ça sera sans doute soft !) mais je ne supporte pas les récits avec une tendance horrifique même minime… D’ailleurs, dans les séries policières, je passe toujours les épisodes où il y a des vrais psychopathes XD

Mis à part cette dimension qui me déplait, les deux histoires sont aussi différentes l’une de l’autre qu’elles peuvent l’être !

En général : Finalement, je peux dire que à part la première histoire je n’ai pas aimé du tout… Ceci dit, c’est plutôt bien écrit – quelques coquilles mais rien de dérangeant – et on se prend aux histoires, on a envie de connaître la fin ! Mais à mon sens, dire qu’on ne s’attend pas du tout à la fin est un peu présomptueux… J’ai vu venir la fin de la troisième histoire d’assez loin ! Mais (et je sors mon orgueil) peut-être que j’ai un peu plus de flair de ce côté ?  Ou que je suis particulièrement tordue ! XD

En bref : même si je n’en ai pas apprécié la lecture, le roman est de qualité rien que par l’écriture et la façon qu’à l’auteur de tenir plus ou moins le suspens.

#SP04 – Chroniques d’un avatar

Auteur : Jean-Benjamin Jouteur

Résumé : Il existe un passage reliant réel et virtuel. Des millions de « joueurs » l’empruntent chaque jour, sans problème. Leur quête, créer des personnages, les manipuler, les faire exister. Guerriers ou héros, ils sont inoffensifs, leur vérité se joue d’imaginaire. Coralie a traversé ce passage des centaines de fois. Chaque nouvelle expérience était plus intense, plus violente que la précédente. Le temps passé là-bas la rendait plus forte, plus inspirée. La « Elle » de là-bas lui était supérieure, prête à tout, capable de tout. Mais un jour, la porte est restée ouverte, le processus s’est inversé. Une tueuse psychopathe a emprunté le passage dans l’autre sens pour s’emparer de Coralie. Les mots, ici, là-bas, ont perdu leur sens. Engluée dans les débris d’un virtuel trop réel elle ne savait plus qui elle était, ni où elle était ! Elle doit maintenant retrouver la trouée afin de débusquer l’autre. Elle doit l’éliminer. Il est vital de renvoyer celle qu’elle ne saurait être.

Mon avis en général :

Il est actuellement impossible pour moi de dissocier l’histoire des personnages. Tout est trop lié pour cela.

Alors déjà, ce n’est pas, mais alors pas du tout, le genre de livre que je lis d’habitude ! Le paranormal-psychologique très peu pour moi… C’est beaucoup trop prenant et intense pour mon petit cœur sensible. En fait, je croyais que c’était thriller normal et j’avoue ne pas avoir eu la curiosité d’aller vérifier avant d’accepter, surtout que l’histoire m’attirait. Et comme je ne lis pas vraiment de thriller non plus mais que je voulais m’y mettre histoire de ne pas mourir bête, bah je me suis dit « pourquoi pas ? »

Je rassure tout de suite l’auteur, je ne vais pas expliquer ce « pourquoi pas », ne vous en faites pas, tout simplement parce que j’ai adoré ! Bon la fin est trop intense pour moi et honnêtement, si vous faites une suite et bah… je ne la lirai pas ! Je sens que je vais en faire des cauchemars. Bref, très réussit sur le côté psychologique ! Et comme le paranormal me fait flipper en général et bah très réussit de ce côté là aussi !

Je dois dire que le style mêle vraiment bien les choses, tant et si bien que parfois je me demandais si la fille n’était vraiment que psychotique… J’ai frissonné tout du long, je me suis faites happer par cet univers et, j’avoue, par l’univers de Tower… d’un côté j’ai très envie de voir ce film (je ne sais pas s’il existe) et de l’autre pas du tout ! (C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas vérifié, mon côté raisonnable me recommande de ne pas chercher à faire peur à ma frousse naturelle).

Je ne sais pas si ce qui me fait le plus peur c’est que c’est une fiction… ou quelle est inspirée de choses réelles ! (maladies, crimes, etc… pas des histoires vraies mais qui pourraient exister)

En bref : L’histoire est vraiment très bien, les personnages à la fois attachants et repoussants ; bref tout est fait de main de maître ! Petit soucis au niveau de l’impression je crois dans mon édition ceci dit, ce qui fait qu’il me manque des fins de phrases et quelques mots… Mais je vais le signaler à l’auteur précisément (je n’ai pas oublié mes post-it cette fois pour marquer les endroits, héhé) comme ça ce sera sans doute corrigé dans les versions suivantes ! Si ce n’est déjà fait.

Enfin, je présente toutes mes excuses à l’auteur parce que n’ayant pas l’habitude de tels récits et étant une peureuse née, je ne suis pas vraiment le meilleur des publics pour son livre… Mais je le recommanderai à tous mes amis qui aiment ce genre de livres ! J’espère que vous n’êtes pas trop déçu en tous cas….

Petite Plume

#SP03 Le voyage de Kirikoustra

Auteur : Kirikoustra

Résumé : L’auteur à créé Kirikoustra, personnage fabuleux qui fait le lien entre passé et présent : en effet, ce fin conteur explore la mythologie avec beaucoup de sagesse et revient régulièrement dans le présent pour nous en donner sa vision à travers des témoignages du quotidien. Inaugure-t-il un style littéraire nouveau dans cet ouvrage qui parle de l’humain ? Ci-dessus une appréciation laissé par une lectrice de Kirikoustra. Je me permets donc de la reprendre et d’en faire le synopsis de l’ouvrage. Sûrement me direz-vous que cela n’est point un synopsis, mais Kirikoustra est bien de ceux qui se refusent à être enfermés dans toutes ces cases.

Mon avis en général :

Pour cette fois, impossible de dissocier personnages et histoire ! Déjà parce qu’il n’y a que deux personnages. Ensuite parce que l’histoire est assez perturbante pour mon esprit rangé !

Globalement c’est un récit agréable à lire… tant que n’essaie pas d’y chercher un sens profond ! Et pourtant, l’ouvrage prend tout son sens dès qu’on lui en trouve un ! Paradoxale non ? Raconté à la fois à la première et à la troisième personne, le récit jongle entre le point de vue de Kirikoustra et celui de Plume en passant par celui d’un narrateur dont je n’ai jamais réussi à déterminer si c’était un narrateur autre ou Plume.

Le voyage de Kirikoustra c’est cela précisément : un voyage. On part à la recherche d’une sorte d’entité avec Kirikoustra dès le départ, sans que l’on sache que l’on est déjà parti. Tout le récit tourne autour de ce genre de paradoxes et d’effet de staticité pendant la mobilité. Houla, je parle bien moi…

Le plus perturbant c’est de ne pas savoir si l’auteur et le narrateur sont une seule et même personne. Un coup on se dit que oui puisque l’auteur est Kirikoustra et le personnage principal s’appelle Kirikoustra. Un coup on se dit nom puisque Plume raconte aussi. C’est extrêmement perturbant.

Je ne sais toujours pas comment classer ce récit. Donc Monsieur l’auteur, mission accomplie !

Petite Plume

#SP02 Cornwand, Léa et Paterson

Auteure : Sylviane Blin

Résumé :

En apparence, Léa est une adolescente comme les autres. Mais les apparences sont souvent trompeuses. En effet, depuis quelque temps, la jeune fille se doute bien qu’elle est différente de ses camarades, sans savoir expliquer cette différence ni pouvoir en parler à quiconque. Alors elle ne partage ce lourd secret qu’avec son chat, Paterson… Jusqu’à l’été de ses 15 ans, au cours duquel elle passe ses vacances chez sa grand-mère, Wenny, qui lève une partie du mystère. Oui, Léa est différente. Oui, elle est dotée de fabuleux pouvoirs. Et, oui, elle vient du monde fantastique de Cornwand. À peine Léa a-t-elle eu le temps de se faire à cette idée qu’elle est précisément envoyée en mission sur la terre de ses origines, menacée par un danger de destruction imminent. Fragon Kyrius, le mage noir, assoiffé de vengeance, a juré la perte de cette paisible contrée et de tous ses habitants. Mais de quoi veut-il se venger ? Et pour quelle raison cherche-t-il particulièrement à faire périr Léa ? Risquant leur vie à chaque instant, et bravant sortilèges, monstres et démons, Léa et Paterson se jettent dans l’aventure pour obtenir les réponses à leurs questions et sauver Cornwand. Cependant, toute vérité est-elle bonne à découvrir ?

À travers ce roman d’aventure ébouriffant, Sylviane Blin trace le parcours initiatique d’une jeune fille en quête d’identité et désireuse de trouver sa place dans le monde, comme tous les gens de son âge.

Mon avis sur :

L’histoire : J’ai positivement absolument adoré l’histoire ! Il y a un certain suspens, malgré plusieurs choses assez attendue, et des péripéties originales dans une quête à l’ancienne : récupérer un objet en passant plusieurs épreuves pour sauver le monde. Le tout est saupoudré d’un nombre de questions qui diminue petit à petit au fur et à mesure de l’histoire mais assez tard pour qu’on attende les révélations. Celles-ci sont données de façon plutôt virtuose et celle qui arrive à la fin est juste… OoO <– c’était ma réaction en refermant le livre. Comme d’habitude je ne peux pas trop m’étendre sur l’histoire elle-même parce que je suis une spoileuse patentée 😉

Les personnages : j’ai un peu plus de choses à dire à ce niveau. Déjà il n’y a pas énormément de personnages ce qui fait qu’on s’y retrouve bien – même si parfois il faut un petit effort du fait du « temps » entre le moment où on rencontre pour la première fois un personnage et le moment où il entre vraiment en scène avec un rôle à jouer.

Ensuite, je trouve que certains traits des personnages sont un peu exagérés et qu’ils ont tous un peu trop de sautes d’humeur pour que ce soit réaliste, sans que cela ne soit absolument dérangeant. Peut-être pour le prochain tome faudrait-il les faire évoluer vers un caractère un peu plus posé sans que ça ne les modifie à l’extrême ? Bon, ce n’est qu’une suggestion et franchement, les laisser comme ils sont n’empêchera pas que le livre soit de qualité !

En bref : Une excellente lecture que je recommande, surtout aux adolescents qui aiment lire des choses sans prise de tête, et à ceux qui n’aiment pas lire et qui veulent commencer par quelque chose d’assez léger qui reste sérieux et bien écrit. Bref, j’adore !

Petite Plume

P.S. J’espère que cette chronique convient c’est la première que je fais pour Simplement 😉

#23 Petit Pays

Auteur : Gaël Faye

Résumé : Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même  temps que son « petit pays », le Burundi, ce  bout d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Mon avis en général : Encore un livre que j’ai beaucoup aimé. En fait, des trois que je devais lire sur l’enfance en guerre (Le Sentier des nids d’araignée et Être sans destin étaient les autres), c’est celui que j’ai préféré. On trouve une certaine candeur dans le personnage de Gabriel qui est persuadé que son monde parfait ne peut pas changer. Alors quand ce monde commence à évoluer, d’abord avec la séparation de ses parents, puis avec la guerre entre Hutus et Tutsis, il s’y oppose farouchement…en lui-même ! Après tout, que peux bien faire un gosse contre tout ça ? Mais ce que j’ai surtout aimé c’est qu’au moment où il se sent abandonné de tous, il se trouve soudain une amie qu’il avait ignorée jusque-là – et même embêtée – et cette amie lui ouvre un autre monde : celui de la littérature. C’est vraiment intéressant et émouvant de voir ses sentiments face à tous ces mondes, sa conscience littéraire qui s’éveille…

Ceci dit, ça reste un récit très triste qui m’a bouleversée également. Ce n’est jamais facile de voir un enfant souffrir, mais voir une enfance pulvérisée de la sorte – dans les trois livres d’ailleurs – ça fait vraiment mal au cœur.

En bref : Ce n’est toujours pas un coup de cœur même si je suis marquée au fer rouge par cette lecture. Ça me fait vraiment plaisir de voir que la grande littérature n’est pas morte et qu’on trouve encore d’aussi poignants témoignages des erreurs des hommes, témoignages qui nous font réfléchir sur nos propres erreurs et sur notre chance incommensurable de vivre aujourd’hui dans un pays en paix.

Petite Plume

#22 Être sans destin

Auteur : Imre Kertész (hongrois)

Résumé : De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d’un temps arrêté et répétitif, victime tant de l’horreur concentrationnaire que de l’instinct de survie qui lui fit composer avec l’inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne vienne la proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu’il advient de l’humanité de l’homme quand il est privé de tout destin. Cette oeuvre dont l’élaboration a requis un inimaginable travail de distanciation et de mémoire dérangera tout autant ceux qui refusent encore de voir en face le fonctionnement du totalitarisme que ceux qui entretiennent le mythe d’un univers concentrationnaire manichéen.

Un livre à placer à côté de Si c’est un homme de Primo Levi.

Mon avis en général :

Cette histoire est juste hallucinante. Quand on voit le déroulement de la Seconde Guerre mondiale en histoire, on a vaguement l’impression que non seulement ça se passe très vite mais que en plus c’était une évidence pour tous ceux qui étaient en camp de concentration que c’était inhumain et horrible. Ce livre m’a totalement fait changer de point de vue. Bien sûr, aujourd’hui on croit tout à fait les horreurs qui s’y sont déroulées grâce à des livres comme celui-ci ou Si c’est un homme ou encore des témoignages. Mais j’avoue qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’on puisse accepter d’être traité comme ça et limite trouver ça normal. Et c’est ce que l’auteur arrive à montrer à travers l’histoire de cet adolescent. Au début je ne comprenais pas comment il pouvait accepter que ses compagnons se soient fais gazer, de travailler aussi dur dans d’aussi mauvaises conditions. Mais vers la fin du livre, l’adolescent parle à un journaliste et lui explique pourquoi il a accepté tout ça. Et comme j’avais tout le livre en tête encore à ce moment là, et bah j’ai compris.

En bref : Un récit tout à fait bouleversant, autant émotionnellement parlant que dans les représentations que l’on a de certaines choses de la Seconde Guerre mondiale. Mais ça reste assez dur à lire donc il faut avoir l’esprit bien accroché !

Petite Plume

#21 Le sentier des nids d’araignée

Auteur : Italo Calvino

Résumé : Nous sommes en Italie en pleine Seconde Guerre mondiale. Pin n’est qu’un enfant mais ses seuls copains sont des adultes : les habitués du café du coin d’une petite ville côtière. S’il aime se moquer d’eux, leur chanter des chansons, il n’irait jamais leur confier son secret : l’endroit où les araignées pondent leurs oeufs. Le vol d’un révolver allemand le conduira dans les brigades garibaldiennes. Et s’il y trouvait enfin un véritable ami ?

Mon avis sur :

L’histoire : J’ai trouvé l’histoire de Pin plutôt amusante, comme un rêve étrange que l’on fait et dont on garde une sorte de sourire mi-figue mi-raisin en se réveillant. Et en même temps j’ai eu vraiment pitié de ce petit garçon perdu aux milieu des grands et de la guerre, qui a déjà vu bien trop de choses pour son âge (je crois qu’il a à peine onze ans). Le fait que ce soit un enfant qui raconte la guerre lui donne un côté presque comique, en tous cas dédramatisé. Et en même temps, au fur et à mesure du récit on sent les blessures déjà causées par cette enfance qui n’en ait pas vraiment une, et on sent les blessures qui s’ouvrent petit à petit, la peur, les fanfaronnades pour la  cacher…

Les personnages : Dans un autre contexte,  Pin serait clairement un sale gosse. Du genre à qui on a envie de mettre une baffe et d’envoyer au lit sans dessert. Mais le contexte de la guerre, sa solitude et sa recherche désespérée d’un ami à qui montrer les nids d’araignée est touchante et on finit par se prendre d’affection pour ce gamin mal éduqué mais malheureux. Il faut dire que quand on est quasiment élevé par des hommes dans un café (plutôt un bar d’ailleurs) qui t’apprennent des chansons paillardes et qui sont plus intéressés par la guerre et les « tarifs » de ta sœur, ça n’aide pas à être un petit garçon gentil et bien élevé…

En bref : Malgré un début difficile, ce livre m’a  fait une forte impression et, sans être un coup de cœur, c’est clairement une lecture marquante, sérieuse et vraiment pas pour rire.

Petite Plume

#20 Le silence de Mélodie

Auteure : Sharon M. Draper

#Cyclamenthe vous en a déjà parlé mais je tenais à le faire aussi. Du coup ça va être un peu plus informel que d’habitude !

Suivre Mélodie, ses pensées, son quotidien, est vraiment une plongée dans l’émotion. C’est un rappel poignant que les personnes dites « handicapées », qu’elles aient des problèmes mentaux ou non, sont aussi des êtres humains, et qu’à ce titre on ne devrait jamais se permettre de les juger – ou plutôt d’avoir à leur encontre des préjugés, et encore moins du mépris ! Je trouve cela honteux de penser et d’agir comme si les personnes atteintes d’un handicap quelconque étaient stupides, n’avaient pas de sentiments ou ne comprenaient rien – même si certains handicapes limitent malheureusement les facultés. Ces personnes ont aussi le droit à la dignité et au respect que tout être humain entend recevoir. Tout est tellement stéréotypé autour d’eux que ça en devient gênant – gênant pour eux mais aussi pour tous ceux qui se disent « normaux ».

Etant moi-même atteinte d’une maladie chronique incurable (rien de grave et je ne tiens pas à m’étaler là-dessus), je comprends très bien nombre des problèmes soulevés dans ce livre (les nombreux rendez-vous médicaux, les examens, les médecins qui se croient tellement meilleurs que vous, l’impression d’avoir été jugé(e) sans même avoir été convié(e) au procès et sans savoir ce que vous aviez fait de « mal », etc.) et j’ai été profondément touchée de voir tout ça et bien plus réuni dans ce livre sans aucune autre prétention que celle de raconter la vie d’une petite fille comme les autres malgré tout.

Pour conclure, je dirai simplement ceci : face à nos « petits » problèmes, restons optimistes et cessons de nous plaindre. Il y a bien pire situation dans la vie.

Ah ! Et c’est un coup de cœur, bien évidemment 😉

PetitePlume

#19 Central Park

Auteur : Guillaume Musso

Résumé : Alice et Gabriel n’ont aucun souvenir de la nuit dernière … pourtant, ils ne sont pas près de l’oublier.

New York, 8 heures du matin. Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Elysées tandis que Gabriel jouait au piano dans un club de Dublin. Impossible ? Et pourtant…

Mon avis sur :

Déjà, un petit mot sur l’écrivain : c’est le deuxième Musso que je lis et le deuxième que j’aime beaucoup. Pour autant, je trouve qu’il y a quand même une base similaire… Est-ce comme ça pour tout ses livres ? Bref.

L’histoire : J’ai beaucoup aimé cette enquête policière sur fond de suspens. Ça a aussi le mérite de faire réfléchir une peu sur (attention, léger spoiler désolée) les maladies précoces et la violence – sans parler du dépaysement total ! Ah, New York… Le rêve Américain… Et la fin est absolument surprenante ! Je dirais même carrément hallucinante !

Les personnages : Je ne peux pas trop en dire sans révéler une grande partie de l’histoire, même involontairement, qui tourne principalement autour de leur psychologie. Ce sont des personnages auxquels on s’attache très vite, même si on fini par suspecter tout le monde de tout !

En bref : Entre révélations inattendus, trahisons et grandes découvertes, c’est un roman assez palpitant qui nous emporte ailleurs.