Extrait n°5

Rose Berryl, Damenndyn, tome 1 : Le grimoire d’Esklaroth, chapitre 6

« Ils chevauchèrent durant près d’une heure, avant de s’arrêter près d’un superbe plan d’eau d’un bleu éclatant. D’une pureté extraordinaire, la surface semblait étinceler de milliers de pépites de lumière.

– Êtes-vous certains que nous sommes au bon endroit ? s’inquiéta Eylen en posant le pied à terre.
– Sans aucun doute, répondit Soraya, qui se rafraîchissait le visage avec l’eau translucide, tandis que son frère observait le ciel, debout à ses côtés.
– Cela ne devrait d’ailleurs plus tarder…
– Quoi donc ?
– Tu ne connais pas la légende liée à ce lieu enchanteur Eylen ? demanda la princesse en se relevant.
– Je ne suis pas très au courant des faits ancestraux des royaumes, c’est vrai.
– De plus, nous sommes habituellement en poste plus au Nord, ou sur les rives de Thoragoste. En gros, les seuls endroits où la guerre et les affrontements se font réellement sentir, compléta Sephirius.
– Les textes anciens mentionnent que la Forêt Engloutie perdure grâce aux rêves d’êtres au cœur noble. Chaque nuit, il est dit que les fées du Lac enchanté, que vous avez sous vos yeux, parcourent les royaumes pour recueillir, dans des petites fioles discrètes, les rêves, les joies et le fruit de l’imagination des enfants.
– N’est-ce pas dangereux ?
– Nullement, car elles n’en prélèvent qu’une infime partie, et non la totalité, reprit Soraya. Une fois cette énergie récupérée, les fées, qui en général ne sont pas plus grandes qu’une main, se rassemblent dans le temple principal pour chanter, liant ainsi leurs louanges et leurs forces.
– Regardez ! s’exclama soudain Samir avec émerveillement.

De larges cercles concentriques avaient commencé à se former à la surface, parcourus de petits anneaux de lumière. Les chevaliers s’approchèrent avec méfiance, une main sur leur arme, prêts à se défendre. Une multitude de bulles phosphorescentes remontèrent peu à peu des profondeurs et s’envolèrent, aériennes, dans le ciel. Accroupie, Soraya ferma les yeux et inspira profondément. Elle apprécia longuement la saveur sucrée de l’eau et la fraîcheur des minuscules particules qui entouraient à présent le groupe, tel un ballet de feu follets. »

Publicités

Une réflexion sur “Extrait n°5

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s